Biodétérioration et environnement

L’activité du pôle « biodétérioration et environnement » est axée sur la prévention contre le développement des microorganismes qui peuvent coloniser des objets et sur les traitements curatifs. Les microorganismes, et en particulier les micromycètes (moisissures et levures), sont des agents d’altération communs pour les collections comprenant des matériaux organiques, ils sont les plus difficiles à éradiquer. Leur développement va dépendre des conditions environnementales (température, humidité, flux d’air), de la composition et l’état de dégradation du substrat ainsi que de la capacité métabolique des espèces présentes vis-à-vis du substrat colonisé. Quand les conditions favorables à leur croissance sont réunies, ils se développent et se multiplient rapidement. La présence de ces microorganismes constitue alors non seulement un risque important pour les collections mais également pour les personnes manipulant les objets contaminés.


Recherches

La prévention passe par une meilleure connaissance des micromycètes (biologie, métabolisme, physiologie, écologie) et une compréhension de leur comportement vis-à-vis des matériaux du patrimoine aux différents environnements auxquels elles sont confrontées. Plusieurs recherches sont en cours avec comme objectifs :

 

  • d'évaluer la charge contaminante (détection des moisissures par l'estimation de l'énergie de charge selon un dosage ATPmétrique par bioluminescence et évaluation de la contamination fongique dans les magasins d'archives),
  • d'identifier la nature et le rôle des espèces (identification des micromycètes par l'analyse de l'ADN, et études du rôle des micromycètes dans la formation des altérations chromatiques du papier et plus particulièrement des taches brunes appelées « foxing ».
  • De suivre l'impact des variations thermo-hygrométriques sur les contaminations fongiques dans les aires de stockage.

La lutte curative consiste à développer des méthodes de décontamination et de désinfection pour les surfaces, les objets patrimoniaux et les aires de conservation. Parmi les sujets abordés au cours des dernières années, citons, l'étude de l'activité antifongique des huiles essentielles et des produits apparentés, l'effet du linalool sur les papiers, cuirs de reliure et matériaux photographiques, le développement d'un protocole de conservation adapté aux objets composites fer/bois gorgés d'eau archéologiques. Actuellement le pôle « biodétérioration et environnement » participe à une recherche pour le CNC afin d'évaluer des traitements destinés à éradiquer les contaminations fongiques sur des films cinématographiques anciens.

Projets / études de cas

Le pôle environnement et biodétérioration a également une activité de services importante. Il est sollicité par les responsables de collections confrontés à des problèmes de contamination fongique.

La base de données MYCOTA : afin de rassembler les principales informations concernant la biologie, la physiologie, la biochimie et l'écologie des souches responsables de la biodétérioration des collections, une base de données a été mise en ligne, elle combine des informations issues de l'expérimentation en laboratoire et de recherches bibliographiques.

MYCOTA


L'équipe